jeudi 19 mars 2020

Boulogne-Billancourt : de 57 Métal à Métal 57, ou le devenir du patrimoine industriel de RENAULT




Dans le quartier du Trapèze, les portes du siège initial sont conservées

Le 57 Métal, le bâtiment industriel de Claude Vasconi construit pour Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en 1984, laissera la place en 2022 à un autre ensemble dénommé Métal 57.
Considéré comme un chef-d’œuvre par son architecture en « shed » (1), 57 Métal sera remplacé par un immeuble de bureaux conçu par Dominique Perrault .

Au début des années 80, Renault imagine sur son site historique de Billancourt et de l’Ile Seguin une nouvelle cité industrielle :
le plan Billancourt 2000.

Le 57 Métal, premier bâtiment construit, en sera la figure étendard. A cet ambitieux objectif, Claude Vasconi répond par une œuvre magistrale qui lui vaudra cette année-là - deux ans après avoir reçu le grand prix d’architecture - une mention à l’Equerre d’argent.
La poste éditera même un timbre 57 Métal !

Las, Renault choisissait de s’installer à Guyancourt, dans les Yvelines, et la vocation industrielle du site de Billancourt disparut au fur et à mesure de la démolition de l’usine de l’île Seguin.
Mais, au moment de la commande, l’architecte se faisait encore une idée de l’industrie préservée en ville et de l’ouvrier du futur…
Renault choisira d’utiliser pendant quelques années son 57 Métal comme centre de communication.

Cependant Renault avec l’abandon du site industriel décidait de vendre cet édifice alors tellement contemporain et en avance sur son temps pour 75 M€ à un fonds d’investissement chinois, Europa Wanda, dont le projet s’est sans surprise révélé vouloir raser le bâtiment pour développer une parcelle idéalement située à Boulogne-Billancourt, en rive de Seine aux portes de Paris et à proximité de tous les grands axes routiers et de transports en commun.

L’annonce de cette décision fit aussitôt réagir toute la profession et, de Jean Nouvel à Christian de Portzamparc, plus de 140 personnalités ont demandé d’urgence le classement de l’ouvrage.
Leur initiative, un bel hommage de ses pairs à Claude Vasconi, a suscité tant d’émoi que Jean-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt, a par deux fois refusé le permis de démolir, sans parler des points de détails du PLU.
Tout le monde semblait s’accorder pour sauvegarder 57 Métal et d’aucuns pensaient le bâtiment sauvé.

En définitive – après mainte péripéties - BNP Paribas Real Estate reprenait le site par une vente actée dès juillet 2015.
Moyennant le déblocage de la constructibilité sur une partie de la parcelle, préserverait la partie la plus intéressante du bâtiment, c’est-à-dire sa silhouette, le reste était alors condamné à être démoli aux fins de permettre l’édification d’un immeuble de bureaux d’une hauteur équivalente à celle de l’immeuble de Norman Foster, de l’autre côté du Pont Renault.

Chef-d’œuvre de Claude Vasconi, ce bâtiment lui vaut le Grand Prix national de l’Architecture. Il revisite à merveille le thème du «toit en dents de scie» et constitue le premier élément d'un projet d'urbanisme à grande échelle, «Billancourt 2000», qui sera brutalement interrompu en 1985, annonçant le départ de Renault pour Guyancourt.
La page de Billancourt a ensuite été tournée.

Thierry Laroue-Pont, président du Directoire de BNP Paribas Real Estate lors de l’acquisition, déclarait alors :
« L’enjeu de cette opération est d’adapter le bâtiment existant à ses nouvelles fonctions tout en ajoutant une extension et de préserver la qualité urbaine et l’héritage patrimonial de l’immeuble d’origine, témoin de l’architecture industrielle de la fin du XXème siècle. »

Présentation de l’opération METAL 57

L’opération METAL 57 consiste en la restructuration et l’extension du bâtiment originel de Claude Vasconi, (1984), situé sur les Rives de Seine à Boulogne-Billancourt.

Le projet prévoit la démolition partielle, la conservation et la réhabilitation d’environ 50% du bâtiment Vasconi existant, et la création d’une extension, le tout formant un ensemble immobilier d’environ 37 000 m² de surface de plancher comprenant :

Le bâtiment réhabilité en R+2 ;
Une extension neuve en R+7 + mezzanine ;
4 niveaux en infrastructure abritant un parc de stationnement d’environ 530 places, des locaux vélos, 2 roues et des locaux techniques.
Le choix de reconvertir et reconfigurer l’immeuble de Claude Vasconi appelle une intervention juste et ciblée afin :

d’adapter le bâtiment existant à ses nouvelles fonctions tout en ajoutant un nouveau bâtiment signé Dominique Perrault,
de préserver la qualité urbaine et l’héritage patrimonial du bâtiment originel, bâtiment emblématique de l’architecture industrielle de la fin du XXème siècle.
En complément de la place Georges Besse existante, le projet METAL 57 prévoit la création de nouveaux espaces publics, créant ainsi une continuité d’espaces libres longeant le bâtiment, jusqu’à la Seine :

Un nouvel espace planté de 690 m² environ ;
Une nouvelle place publique de 930 m² environ.
Du rez-de-chaussée au 2ème étage, le bâtiment réhabilité accueillera une offre de services haut de gamme, le long d’un grand passage couvert reliant la rue du vieux Pont de Sèvres au Cours de l’Île Seguin :

Un food hall offrant un large choix d’expériences de restauration,
Un restaurant d’entreprise,
Un auditorium modulable de 285 places, gradiné avec sièges rétractables,
Un pôle de conférence,
Un espace fitness.

Street-Art : une palissade célèbre l’histoire du quartier

La première pierre a donc été posée jeudi 11 juillet 2020.

A cette occasion ont été inaugurées les palissades revisitées du chantier sur la rue du Vieux Pont de Sèvres, le long du Cours de l’Ile Seguin et sur la place Georges Besse.
Ces palissades accueillent une fresque de plus de 40 m de longueur.
Dès le 30 juin qui précédait  plusieurs street-artistes interprétaient en effet l’histoire de ce quartier de Boulogne-Billancourt, de ses origines industrielles à son actuelle transformation vers le nouvel écoquartier Ile Seguin Rives de Seine.

Les artistes : Sixo Santos, Bouda, Den End, Mush, Henri Lamy, Fred Calmets, TITO/MULK, Wand Studio et Esper, ont performé avec la même passion de l’art urbain, sous la coordination de Modern Art Family.


(1) le « shed » en architecture

Un shed (anglicisme du XIXème siècle) est une toiture à redans partiels. C’est une toiture en dents de scie formée d’une succession de toits à deux versants de pente différente, le plus court étant généralement vitré, couvrant en général un atelier industriel.

Le terme « shed » se rencontrait d'abord dans l'industrie textile anglaise, où il désignait la « foule », c'est-à-dire l'ouverture absolue de la chaîne d'un métier à tisser lors du passage de la navette (la nappe de fils de chaîne soulevés présente alors deux pentes, comme celles d’un toit). Le terme shed désigne en anglais une baraque, une cabane ou encore un hangar.

L'apparition du shed est directement liée à la révolution industrielle.
Le besoin de grandes surfaces éclairées pour les ateliers à une époque où l'éclairage électrique est encore rare amène les architectes à cette solution.
Le shed permet donc d'amener la lumière au cœur des ateliers et usines.
On oriente généralement le vitrage vers le nord, car la lumière du nord (dans l’hémisphère nord) est constante, ce qui permet d'éviter la surchauffe due au soleil direct ainsi que l'éblouissement des travailleurs. La pente du versant vitré peut aller jusqu’à la verticale.
L’appellation anglaise est explicite :
« northlight roof » (toit à lumière du nord), ou, dans l’hémisphère sud, « southlight roof ».
On dit encore « sawtooth roof » (« toit en dents de scie »).

Photos : Olivier THIBAUD / Smartphone HUAWEI P30 Pro

En savoir plus sur METAL 57

www.metal57.realestate.bnpparibas




Des bornes audio pour expliquer le passé et le futur ...





Le bâtiment initial 57 Métal, centre de communication RENAULT


Un livre retrace l'histoire de la mutation de 57 Métal à Métal 57




Un timbre poste pour 57 Métal


Le quartier du Trapèze






La Seine Musicale en fond de décor









Le quartier du Trapèze






Le quartier du Trapèze


Les street-artistes interprétent l’histoire du quartier de Boulogne-Billancourt




























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