BURKINA FASO : la communauté internationale soutient la filière coton (par AMBRE DELCROIX)


L'imposante ambassade du Burkina Faso, boulevard Haussmann à Paris


S.E.M. Alain Ilboudo, accueille la convention de signature

Deuxième producteur de coton d’Afrique, le Burkina Faso tire de « l’or blanc » 17,5% de ses recettes d’exportation et qui contribue par ailleurs pour 4% à son produit intérieur brut.

Et pour la 28ème fois la communauté financière internationale apporte son soutien à la filière.

En effet, la Société burkinabè des Fibres textiles SOFITEX représentée par son Directeur Général, Wilfried Yameogo, a signé le jeudi 24 janvier 2019 à Paris une convention de financement avec un pool de banques internationales constitué de la Société Générale, la Société Internationale de Financement (SFI)  et  BNP  Paribas.

La cérémonie de signature s’est déroulée au siège de l’ambassade du Burkina Faso à Paris où S.E M. Alain Ilboudo, Ambassadeur, avait tenu à accueillir lui-même se hôtes.

Pour cette campagne cotonnière 2018/2019, c’est une importante somme de 65 millions d’euros, soit 42 637 000 000 de francs CFA que ces banques vont injecter dans le circuit de la production cotonnière au Burkina Faso, pour compléter le financement assuré par les banques nationales afin de boucler le tour de table du crédit de campagne.

La présente convention de financement dénommée « SOFITEX 28 » marque  une fois de plus la confiance dont bénéficie la SOFITEX auprès de ce pool offshore.

Ce crédit de campagne levé auprès du pool bancaire international servira à l’achat du coton graine auprès des cotonculteurs, au transport du coton vers les 15 usines d’égrenage dont dispose la SOFITEX, à l’évacuation de la fibre vers les différents ports d’embarquement puis à l’achat et au dispatching des intrants.

Du coton non OGM

Depuis mars 2016, le Burkina Faso a opté de renoncer à la culture du coton génétiquement modifié (CGM) pour renouer avec le coton conventionnel.
Ce retournement stratégique redonne un regain d’intérêt au coton burkinabè dont la qualité de la fibre est très appréciée sur le marché international.
La campagne cotonnière 2018/19 s’est soldée par une production de 405 000 tonnes de coton graine.

Premier produit agricole d’exportation, le coton fait véritablement partie des principaux leviers du développement socio-économique du Burkina. Il contribue pour environ 4 % du  PIB et 17,5 % aux recettes d’exportations du Burkina et mobilise en amont et en aval de nombreux autres secteurs d’activités qui bénéficient directement ou indirectement de ses effets induits, tels que les huileries, les filatures, les assurances, les transports, les impôts, les hydrocarbures, les finances, les fournisseurs d’intrants agricoles, etc.
Cependant force est de constater que moins de 3% de la production cotonnière est transformée sur place (2) .

Le flux d’argent injecté en milieu rural avec l’achat du coton graine, réduit considérablement la pauvreté. La SOFITEX constitue ainsi un acteur majeur en tant que vecteur de monétarisation de l’économie du Burkina Faso et un levier puissant  d’amélioration  des  conditions  de  vie des  populations en milieu rural. Le coton permet à plus de 4 000 000 de Burkinabè de disposer d’importants revenus cotonniers et d’améliorer ainsi leurs conditions de vie.

La Société Burkinabè des Fibres Textiles au capital de 19 528 000 000 de FCFA est le leader national du coton.
Créée en 1979, elle assure 80 % de la production cotonnière du Burkina Faso.

Des stratégies ont été  déployées pour assurer la pérennité et une compétitivité durables du secteur cotonnier secteur, entre autres :

- l’exhortation des cotonculteurs à souscrire à l’assurance-récolte sur les risques climatiques pour mieux sécuriser leurs revenus ;

- l’accroissement de la résilience des exploitations au stress hydrique à travers l’implantation de plusieurs bassins de retenues d’eau en saison pluvieuse, devant permettre de faire de l’irrigation d’appoint en cas de poche de sécheresse et de produire pendant la saison sèche.

Avec l’appui de l’Etat, le secteur coton, moteur de l’agriculture Burkinabè, continuera de jouer un rôle structurant pour l’économie nationale, ainsi que sa partition et sa contribution dans la lutte contre la pauvreté.


Missions de la SOFITEX

  Approvisionnements des producteurs en intrants coton et appui-conseil. 
  Achat, transport et égrenage du coton graine. 
  Commercialisation de la fibre et de la graine. 
  Aide au développement de  la culture cotonnière et des cultures associées par son appui technique, ses services et sa participation au financement des mesures nécessaires à la recherche et au développement de la production cotonnière. 
  Promotion directe des fibres textiles et du label coton burkinabè. 


SOFITEX en chiffres

- plus de 120 milliards de francs  CFA par an distribués directement aux cotonculteurs pour l’achat du coton graine.
- 80 % de la production du coton burkinabè.
- 7 Régions Cotonnières.
- 15 usines d’égrenage.
- 1 usine de traitement des semences.
- 1 laboratoire de contrôle qualité et de certification des semences.
- 1 laboratoire de classement technologie coton accrédité selon la norme ISO 17025.
- 86 camions et 846 conteneurs pour le transport du coton graine et des intrants 
- 5 000 travailleurs dont 3 265 saisonniers.

(1) la Société Internationale de Financement (SFI) est une organisation du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé.
Créée en 1956, son capital est détenu par 184 pays membres.

(2) si moins de 3% de la production cotonnière est transformée sur place, quelques exemples pionniers méritent d’être cités.
Ainsi Afrika Tiss à Ouagadougou, un groupement d’artisanes qui produit du textile de coton destiné à la marque Panafrica qui produit des baskets près de Casablanca au Maroc.
Dans une démarche éthique cette entreprise française utilise du wax fabriqué en Côte d’Ivoire (Uniwax, du groupe Visco) et le tissu du Burkina Faso d’Afrika Tiss.
Ethique jusqu’au bout Panafrica reverse 10% de ses bénéfices à des projets d’accès à l’éducation et à la formation professionnelle en Afrique.
Panafrica était présente au Salon Who's Next à Paris, éditions de septembre 2018 et janvier 2019, premier salon de prêt à porter d'Europe.



Le coton, "or blanc" du Burkina Faso


Instant solennel : la séance de signature entre les représentants de la SOFITEX et de la SFI


Les signataires à la convention


Dans l'assistance, des traders...


Wilfried Yaméogo, Directeur général de la SOFITEX, répond à la presse...


... et aux questions d'Olivier Rogez, journaliste à Radio France Internationale


PANAFRICA utilise le coton éthique d'Afrika Tiss Ouagadougou pour la confection de ses baskets




... et n'oubliez pas : Ouagadougou est la capitale 
africaine du cinéma du 23 février au 2 mars !

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